« À Ferrière-la-Grande, nous avons vu comment le numérique transforme. »

Benoît COURTIN, homme d’engagement et de convictions est depuis 2020 le Maire de Ferrière-la-Grande. Il est un acteur clé dans le développement de la région de la Sambre en Région Hauts-de-France. En tant que président de Sambre Mobilités, il s’investit pour améliorer les transports en commun et les infrastructures, rapprochant ainsi les habitants. Connu comme un véritable homme de terrain, il est proche de ses administrés et s’efforce de répondre à leurs préoccupations quotidiennes. Son action reflète une vision dynamique et concrète pour l’avenir de son territoire. Rencontre avec le nouveau Vice-Président de la Mission Ecoter.

En tant que Maire d’une commune rurale comme Ferrière-la-Grande, et Président de Sambre Mobilités, quelle est votre vision de l’équilibre à trouver entre le développement des infrastructures de transport “classiques” (routes, transports en commun) et l’impératif d’intégrer des solutions de mobilité plus innovantes et durables (covoiturage, transport à la demande, mobilités douces) pour répondre aux besoins spécifiques des habitants des zones rurales ?

Benoit COURTIN : Dans des territoires ruraux ou semi-urbains comme Ferrière-la-Grande, la mobilité est bien plus qu’un service ; elle est le moteur de la vie sociale, économique et humaine. Les infrastructures classiques comme, les routes, les lignes de bus etc., restent essentielles pour garantir l’accès aux services, aux emplois, à l’éducation, dans des zones où les distances défient souvent les ressources. À Sambre-Mobilités, nous consolidons ce socle en optimisant les réseaux de transport public, en renforçant le réseau pour relier les hameaux aux centres-bourgs, en créant des gares routières où convergeront bus, vélos et solutions partagées. Ces fondations sont vitales, car sans elles, le rural risque l’isolement.

Mais l’avenir exige davantage. Nous devons enrichir ce socle par des solutions innovantes et durables, adaptées aux réalités de nos campagnes. Le covoiturage solidaire, soutenu par des plateformes numériques intuitives, devient un outil d’inclusion pour les habitants éloignés. Le transport à la demande, piloté par des algorithmes intelligents, répond aux besoins spécifiques des familles, des seniors ou des jeunes, là où les lignes fixes ne suffisent plus. À Ferrière-la-Grande, nous avons vu comment le numérique transforme. Nous avons créé des outils pour gérer les cantines scolaires, des applications simplifiant les inscriptions, nous avons rendu la commune plus agile. Dans les transports, nous déployons des cellules compteuses pour analyser les flux et optimiser les trajets, réduisant ainsi les coûts et l’empreinte carbone. Avec autant de smartphones que d’habitants en France, ces technologies ne sont plus un luxe ; elles sont la clé pour adapter nos services à des modes de vie connectés.

Les mobilités douces, elles aussi, ont leur place. Investir dans des pistes cyclables sécurisées et des cheminements piétons, c’est offrir une alternative crédible à la voiture individuelle, même en milieu rural. Mais cet équilibre ne s’improvise pas, il repose sur une gouvernance audacieuse, mobilisant des financements comme le Fonds vert, et sur des partenariats avec l’État et les régions. Ma vision, c’est celle d’un rural et semi-urbain dynamique, où l’innovation numérique et écologique ne remplace pas les infrastructures classiques, mais les transcende, pour faire de la mobilité un droit universel, un levier d’attractivité et de cohésion. Nous devons faire de nos territoires des modèles d’une mobilité fluide, inclusive et tournée vers l’avenir.

Depuis près de 30 ans, le Numérique et l’Innovation dans les Territoires sont le « fer de lance » de Mission Ecoter, et vous avez été désigné Vice-Président. Comment entrevoyez-vous cette nouvelle responsabilité ?

Benoit COURTIN : Je suis honoré d’être désigné Vice-Président de la Mission Ecoter, c’est pour moi l’opportunité de porter au niveau national une ambition forgée dans les bassins des territoires ruraux, faire du numérique un levier de transformation, au service de tous, des plus modestes aux plus connectés. Depuis trois décennies, Mission Ecoter unit collectivités et entreprises pour faire du numérique un outil d’avenir, dans l’éducation, la santé, les services publics. En tant que Maire, je suis confronté quotidiennement aux défis des zones rurales : l’accès aux services publics, la mobilité, la fracture numérique. Cette expérience de terrain me permettra d’apporter une vision concrète et pragmatique aux travaux de la Mission Ecoter. L’objectif est de développer des solutions innovantes qui répondent aux besoins réels des habitants, et pas seulement de proposer des technologies pour le plaisir de la nouveauté. Ces expériences m’ont convaincu que l’intelligence artificielle et les technologies numériques peuvent redessiner nos territoires, en les rendant plus accessibles, plus résilients.

Dans ce rôle, je veux être un passeur d’idées, un fédérateur d’énergies. Face aux crises, qu’elles soient énergétiques ou économiques qui fragilisent nos communes, comme cette flambée des coûts qui asphyxie nos budgets, le numérique offre des solutions audacieuses avec des diagnostics intelligents pour réduire les consommations des équipements publics, des applications qui favorisent le partage de ressources entre territoires. Avec les nouvelles technologies en France, nous devons repenser nos services pour répondre aux nouveaux usages, tout en veillant à ne laisser personne sur le bord du chemin. Mon ambition à la Mission Ecoter, c’est de faire des territoires ruraux des laboratoires d’innovation, où l’IA anticipe les besoins, où les données optimisent les politiques publiques, où la transition écologique devient une réalité tangible.

Cette responsabilité, je la vois comme un appel à agir avec hauteur et pragmatisme pour promouvoir des solutions inclusives, soutenir les petites communes dans leur transition numérique, et faire dialoguer le local et le national pour que l’innovation profite à tous.

Ensemble, avec la Mission Ecoter, nous serons au côté de ceux qui construiront une France où chaque territoire, rural ou urbain, devient un acteur d’un avenir connecté, solidaire et durable.