« Cela passe aussi par une coordination sur les mobilités douces, la gestion des canaux, la promotion des événements culturels et des produits locaux. »

Monsieur le Maire, Ghyvelde-les-Moëres est une commune rurale frontalière avec la Belgique. Comment envisagez-vous de développer le tourisme et de préserver le patrimoine local, tout en gérant les défis spécifiques liés à cette proximité internationale ?

Anthony RAES : Notre commune a une identité très particulière : celle d’un territoire à la fois rural, littoral et transfrontalier. Ce caractère unique est une richesse, mais il impose aussi une responsabilité forte.

En premier lieu, notre priorité est de préserver le patrimoine naturel et culturel. Les dunes, les polders et la fameuse « Dune fossile » constituent des milieux fragiles, à la biodiversité remarquable. Nous travaillons donc à un tourisme raisonné, centré sur la découverte douce : itinéraires de randonnée et de vélo connectés aux grands circuits européens, visites guidées de la réserve naturelle, valorisation du Musée des Pompes et des savoir-faire agricoles locaux. L’obtention du label Grand Site de France, que nous préparons avec nos partenaires, sera un cadre exigeant pour protéger ces espaces tout en permettant de mieux les partager.

Ensuite, la dimension transfrontalière est un véritable atout. Notre proximité avec la Belgique nous incite à développer des coopérations concrètes : signalétique bilingue, circuits touristiques communs, mise en valeur d’un patrimoine paysager et historique qui ne connaît pas de frontières. Cela passe aussi par une coordination sur les mobilités douces, la gestion des canaux, la promotion des événements culturels et des produits locaux.

Enfin, il s’agit de trouver l’équilibre entre accueil des visiteurs et qualité de vie des habitants. Le tourisme doit générer des retombées locales — en soutenant les producteurs, les hébergeurs et les commerces — sans créer de pression excessive sur les espaces sensibles ou sur le quotidien des Ghyveldois. C’est pourquoi nous travaillons à limiter l’accès motorisé aux dunes, à organiser le stationnement, et à développer des chartes de qualité pour les acteurs du tourisme.

En résumé, notre vision est celle d’un tourisme durable et transfrontalier en conciliant préservation des paysages, valorisation de nos patrimoines et coopération avec nos voisins belges.

Face aux défis climatiques et à la préservation de la biodiversité, quelles actions concrètes votre commune met-elle en œuvre pour la gestion de l’eau, la protection des zones humides, et la promotion d’une agriculture durable ?

Anthony RAES : Une partie de notre commune est située à –2,5 mètres sous le niveau de la mer, dans les Moëres : la gestion de l’eau n’est donc pas une option, c’est une question de sécurité et de survie. Concrètement, nous travaillons étroitement avec l’Institution des Wateringues pour entretenir les canaux, moderniser les stations de pompage et anticiper les inondations liées au changement climatique. Nous développons aussi des zones d’expansion des crues, qui protègent à la fois les habitants et les écosystèmes.

La préservation des zones humides et de la dune fossile est également une priorité : ce sont des réservoirs de biodiversité uniques que nous protégeons et valorisons auprès du public.