« Parce qu’au fond, la question n’est pas seulement ce que la technologie va rapprocher, c’est ce que les enfants de Ghyvelde et de Trois-Rivières vont construire ensemble. Ils sont la vraie signature de cette entente. »

De Mont-Tremblant à Ghyvelde, l’innovation municipale se conjugue désormais au présent. Récemment présent au Québec aux côtés de la Mission Ecoter pour participer au Sommet International de l’Innovation Municipale, Anthony RAES, Maire de Ghyvelde, Conseiller Communautaire délégué à la Communauté Urbaine de Dunkerque, concrétise un rapprochement inédit avec la ville québécoise de Trois-Rivières. À travers la signature d’un jumelage technologique, écologique et culturel, l’édile entend placer la commune à l’avant-garde des territoires connectés tout en offrant de nouvelles perspectives aux plus jeunes générations.

Mission Ecoter : La signature du jumelage technologique entre Ghyvelde et Trois-Rivières marque une étape forte pour la relation France-Québec au niveau local. Sur quels axes prioritaires ce partenariat va-t-il s’articuler, et comment ces échanges de compétences vont-ils enrichir la dynamique de votre territoire ?

Anthony RAES : Cette entente, nous l’avons voulue concrète, pas symbolique. Et il ne se joue pas seul : il s’inscrit dans une dynamique plus large, portée notamment avec la Communauté urbaine de Dunkerque, qui ouvre tout notre territoire vers le Québec. Ghyvelde en est un maillon à part entière.

Ce partenariat s’articule autour de trois axes : d’abord la transition écologique et le numérique, avec des solutions testées et déployées ensemble de part et d’autre de l’Atlantique ; ensuite la mobilité douce et la valorisation de notre patrimoine, portées par notre projet « Chemin connecté » ; enfin, les échanges de compétences entre élus, agents et acteurs de nos deux territoires.

Concrètement, ces échanges enrichissent notre commune à trois niveaux : ils professionnalisent nos équipes, renforcent l’attractivité de notre territoire à l’international, et améliorent le quotidien de nos habitants. Parce qu’au bout du compte, c’est un service public plus efficace pour tous les habitants de notre territoire.

Mission Ecoter : Au-delà des hommages officiels, un jumelage vit à travers ses habitants. Prévoyez-vous des échanges scolaires, artistiques ou associatifs entre Ghyvelde et Trois-Rivières afin de faire vivre ce pont culturel auprès des plus jeunes générations ?

Anthony RAES : Vous avez raison : un jumelage ne vit pas dans les discours, il vit dans les salles de classe, sur les terrains, dans les salles des fêtes. Et pour nous, la priorité, c’est clairement l’école.

Je rêve, et nous y travaillons, de véritables correspondances entre les enfants de Ghyvelde-Les Moëres et les enfants de Trois-Rivières. On peut imaginer des classes jumelées : des échanges de lettres d’abord, parce qu’il n’y a rien de plus beau qu’une lettre écrite à la main qui traverse l’Atlantique, puis des rendez-vous réguliers en visioconférence, des projets numériques partagés, des photos et vidéos de nos paysages respectifs, la mer d’un côté, le fleuve Saint-Laurent de l’autre. Nos enfants découvrent ainsi qu’on parle le même français, mais avec des mots, des accents et des saisons différents. C’est une ouverture au monde exceptionnelle pour une commune de notre taille.

Et quand ces liens sont créés, on peut aller plus loin : des séjours pour les jeunes du territoire, en s’appuyant sur les dispositifs franco-québécois de mobilité jeune qui existent précisément pour accompagner ce type d’échanges.

Nous souhaitons également mettre en place des projets artistiques et associatifs : Trois-Rivières, deuxième plus ancienne ville francophone d’Amérique du Nord, est une cité de littérature reconnue par l’UNESCO et accueille un grand festival international de poésie. Imaginez des ateliers d’écriture croisés entre nos écoles et leurs écoles, des échanges entre nos associations, nos clubs, nos bénévoles.

Parce qu’au fond, la question n’est pas seulement ce que la technologie va rapprocher, c’est ce que les enfants de Ghyvelde et de Trois-Rivières vont construire ensemble. Ils sont la vraie signature de cette entente.