France–Québec : une alliance stratégique au service de la souveraineté numérique publique

La signature récente d’une déclaration d’intention entre la France et le Québec marque une étape majeure dans la construction d’une souveraineté numérique partagée au service de l’action publique.

Porté par la Direction interministérielle du numérique côté français et le ministère de la Cybersécurité et du Numérique du Québec, cet accord formalise plusieurs années de coopération et ouvre une nouvelle phase opérationnelle, à la fois ambitieuse et concrète.

Une coopération structurée et stratégique

Cet accord s’inscrit dans une dynamique bilatérale renforcée depuis 2023, accélérée en 2025, notamment autour du cloud souverain, de l’intelligence artificielle et des outils collaboratifs publics .

Il traduit une conviction commune : face aux enjeux géopolitiques, économiques et technologiques, la souveraineté numérique ne peut plus être pensée uniquement à l’échelle nationale, mais nécessite des alliances solides entre partenaires partageant des valeurs et une vision du service public.

Cinq priorités au cœur de l’accord

La déclaration d’intention identifie des axes de coopération particulièrement structurants pour les administrations publiques :

• Développement d’environnements numériques de travail souverains
• Construction d’identités numériques interopérables
• Déploiement maîtrisé de l’intelligence artificielle dans les services publics
• Renforcement des infrastructures numériques stratégiques
• Montée en compétences des agents publics

Ces priorités traduisent une approche globale de la souveraineté numérique, entendue comme la capacité des États à maîtriser leurs données, leurs infrastructures et leurs choix technologiques .

Une vision commune du numérique public

Au-delà des outils, la France et le Québec affirment une vision partagée : celle d’un numérique public utile, sécurisé, accessible et respectueux des valeurs démocratiques.

Dans un contexte où les dépendances technologiques, notamment vis-à-vis de solutions extra-européennes ou nord-américaines, interrogent la capacité d’action des États, cet accord vise à construire des alternatives crédibles, fondées sur la coopération, l’innovation et la mutualisation des expertises .

Une opportunité majeure pour les territoires

Pour les collectivités territoriales, cet accord ouvre des perspectives concrètes :

• Accès à des solutions numériques souveraines partagées
• Mutualisation des bonnes pratiques entre administrations françaises et québécoises
• Accélération de l’intégration de l’IA dans les politiques publiques locales
• Renforcement de la cybersécurité et de la gouvernance des données

Cette coopération illustre également le rôle croissant des territoires dans les enjeux de souveraineté numérique, en première ligne sur les services publics numériques (mobilité, eau, énergie, urbanisme, relation citoyenne).

Une dynamique pleinement en phase avec la Mission Ecoter

La Mission Ecoter ne peut que se féliciter de cette avancée majeure, en cohérence directe avec ses engagements historiques :

• accompagner les collectivités dans leur transformation numérique,
• promouvoir une innovation responsable et souveraine,
• favoriser les coopérations internationales, notamment avec le Québec et ses écosystèmes d’excellence.

Cette initiative renforce la pertinence des travaux menés par la Mission Ecoter, qu’il s’agisse des réflexions sur l’IA des territoires, la cybersécurité ou encore les jumeaux numériques territoriaux.

Vers une souveraineté numérique francophone et territoriale

Au-delà de l’accord lui-même, c’est une ambition plus large qui se dessine : celle d’un espace francophone du numérique public, capable de peser face aux grands acteurs mondiaux et de proposer un modèle alternatif fondé sur la confiance, la transparence et l’intérêt général.

Dans cette perspective, les collectivités territoriales, accompagnées par des structures comme la Mission Ecoter, ont un rôle déterminant à jouer pour transformer cette coopération en réalisations concrètes, au bénéfice des citoyens.